Après la présidentielle, l’exécutif ivoirien mise sur la stabilité

L’installation du nouveau gouvernement ivoirien s’inscrit dans une logique de continuité très lisible, où la stabilité politique prime sur l’effet de rupture. Après l’élection présidentielle, l’exécutif envoie un signal clair : sécuriser la trajectoire du pays, préserver les équilibres et éviter toute recomposition brusque qui pourrait fragiliser l’appareil d’État. Cette séquence ne cherche donc pas à créer un choc, mais à installer une gouvernance qui mise sur la constance et l’efficacité.

 

Dans cette composition, les figures déjà centrales restent au cœur du dispositif. La reconduction de profils connus, ou leur montée en responsabilité, traduit une stratégie de consolidation : renforcer les piliers du pouvoir, verrouiller les lignes de commandement et réduire l’incertitude. Le message est autant politique qu’opérationnel : l’État doit continuer de fonctionner sans rupture, et le cap demeure fermement tenu.

Le rôle du Premier ministre apparaît dès lors comme l’axe de la mise en ordre de marche du gouvernement. Son maintien à un poste structurant ou sa confirmation dans le pilotage confirme l’idée d’une équipe pensée comme un instrument de coordination, davantage que comme une vitrine de renouvellement. L’enjeu est moins l’affichage que le contrôle du tempo, l’exécution des priorités et la cohérence entre les ministères.

Marc-Alexis Roquejoffre

 

Des ajustements existent mais restent ciblés.

Certains changements de portefeuilles donnent l’impression d’un rééquilibrage technique, destiné à répondre à des impératifs précis, sans remettre en cause l’architecture générale. L’exécutif privilégie une adaptation par touches successives, plutôt qu’un grand remaniement qui ouvrirait une période d’incertitudes.

Au final, cette équipe incarne l’entrée dans le cycle post-électoral : installer, stabiliser, puis accélérer. Le nouveau gouvernement apparaît comme un gouvernement de continuité assumée, de concentration du pouvoir et de maîtrise du récit politique, autant que de gestion.

Focus France

Depuis dix ans, les gouvernements français donnent eux aussi un écho troublant à cette mécanique dit de la constitution d’un Gouvernement. Entre des remaniements limités, des retours de profils déjà connus, voire controversés, et des surprises rares, issues de la société civile par leurs expériences et réelles compétences, les jeux semblent connus d’avance. Les nominations répondent à une logique de fidélité, de communication ou de contrôle, davantage qu’à une véritable respiration venue du terrain.

Cette prudence constante dit quelque chose d’un pouvoir qui se partage peu, et qui préfère la prévisibilité au renouvellement, même lorsque l’opinion attend une forme de nouveauté légitime.

 

Par Marc-Alexis Roquejoffre✍️

Journaliste, Fondateur IFIC : Institut de Formation à l’Information et la Communication